Où je vais la nuit

Librement adapté de l'opéra Orphée et Eurydice de Gluck / Théâtre lyrique

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Où je vais la nuit

Distribution

Mise en scène – Jeanne Desoubeaux
Costumes et scénographie – Cécilia Galli
Collaboration artistique et musicale Martial Pauliat
Création musicale et arrangements Jérémie Arcache, Benjamin d'Anfray et Agathe Peyrat
Lumières Thomas Coux
Son Warren Dongué
Construction et régie générale Jori Desq et François Gauthier-Lafaye
Avec Jérémie Arcache, Benjamin d'Anfray, Cloé Lastère, Agathe Peyrat en alternance avec Judith Derouin

Production Compagnie Maurice et les autres

Coproduction Théâtre de l’Union CDN de Limoges (87) ; Scène Nationale d’Orléans (45) ; Théâtre de Thouars (79) ; Les 3T Châtellerault (86) ; Le Gallia, Saintes (17) ; OARA – Office artistique de la région Nouvelle-Aquitaine.
Avec le soutien du Théâtre de Lorient, Centre Dramatique National (56), du Théâtre du Cloître, Bellac (87) en partenariat avec la Ferme de Villefavard en Limousin (87), de L’Abbaye aux Dames de Saintes (17), de L’École de la Comédie de Saint-Étienne / DIESE# Auvergne-Rhône-Alpes.
Avec l’aide à la création de la DRAC Nouvelle-Aquitaine.
La compagnie Maurice et les autres est soutenue et financée pour son projet par la Région Nouvelle-Aquitaine.


À partir de 11 ans

Durée estimée 1h15

Extrait audio du spectacle

Résumé

Orphée est un musicien. Eurydice, sa femme, est nymphe. Le jour de leurs noces, elle est mordue par un serpent et meurt aussitôt. Orphée désespéré obtient des dieux l'autorisation d'aller la chercher aux enfers, la seule condition est que leurs deux regards ne se croisent jamais.

Il échoue, il la regarde, et Eurydice meurt une seconde fois.

Note d'intention

L'opéra de Gluck (1762) a la puissance des chefs d'œuvres, de ceux qui disent l'essentiel. La musique retranscrit avec justesse le vertige de la perte. C'est pour moi, aujourd'hui, un opéra sur le deuil, la rupture, le désamour. Mais demain il me racontera autre chose. Orphée et Eurydice nous parle à chaque moment de notre vie, indéfiniment, inlassablement. C'est cette force là que je souhaite partager avec un public, avec joie, humour, générosité, sans lourdeur ni surplomb, avec une simplicité proche de ce qui fait nos vies, entre drames et légèretés.

Ce mythe ne cesse d'être repris et adapté. Il ne cesse d'interroger. Philosophiquement d'abord : comment penser la mort ? Artistiquement, avec la question du regard : quel est le point de vue ? Métaphoriquement, encore : c'est quoi, ne pas se retourner sur qui on aime ? Dans notre cas, scéniquement : quel espace pour représenter les enfers ? Comment faire co – exister ces deux mondes ? Et d'ailleurs, l'autre monde est-il notre monde ? D'où vient Orphée au juste ? Les questions sont nombreuses, les réponses sont multiples.

Mon intuition se porte autour de la voix. Orphée est le musicien. Mais quelle est sa musique ? Quelle est sa voix ? Avec la compagnie Maurice et les autres, nous avons maintenant l'habitude de mêler, sur le plateau, des chanteurs lyriques à des comédiens- chanteurs non lyriques. Ici, je souhaite explorer cette intuition de départ : si Orphée a une voix non lyrique, et Eurydice, une voix lyrique, deux espaces distincts se font entendre, et ce, seulement par la voix. Les Enfers deviennent alors un espace dans lequel on s'exprime comme ça : lyriquement. Orphée peut alors être le personnage- miroir du public, celui qui a la voix la plus proche de la nôtre, et la voix d'Eurydice, dans les Enfers, apparaître comme la voix étrangère, lointaine, d'un autre temps, d'un autre lieu.

Jeanne Desoubeaux