Carmen Bus Tour

De Georges Bizet / Opéra rural et itinérant

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Carmen Bus Tour

Distribution

Direction musicale Igor Bouin
Mise en scène Jeanne Desoubeaux
Costumes et accessoires Cécilia Galli
Régie générale Jori Desq
Avec Jérémie Arcache, Anaïs Bertrand, Igor Bouin, Jeanne Desoubeaux, Carjez Gerretsen, Jean-Christophe Lanièce, Pauline Leroy, Flore Merlin, Martial Pauliat, Agathe Peyrat

Production Compagnie Maurice et les autres

Coproduction Le Carreau - Scène Nationale de Forbach et de l’Est Mosellan (57)
Avec le soutien du Théâtre du Cloître, Bellac (87), de la Ferme de Villefavard en Limousin (87), du Festival Urbaka de Limoges (87)
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Note d'intention

Le Carmen Bus Tour est un spectacle itinérant ayant pour moyen de locomotion des autocars. Avec quatre autocars, 250 spectateurs, 10 artistes et une zone rurale délimitée, la compagnie Maurice et les autres propose un voyage musical et théâtral.

Avec Carmen Bus Tour, je souhaite poursuivre et augmenter ce que nous développons avec la compagnie Maurice et les autres depuis sa création : un rapport au public privilégié, une lecture des œuvres moderne et actuelle, un spectacle populaire, accessible qui ne négocie pas sur son exigence et sa qualité.

Penser le bus comme un des personnages principaux de l'opéra de Bizet n'est pas un effet de style ou une idée concept. C'est une vraie manière d'emmener, au sens propre comme au sens figuré, des spectateurs dans une histoire, un univers et un imaginaire particuliers.

Par ailleurs, la dramaturgie de Carmen est pour moi intrinsèquement populaire et itinérante. C'est un opéra qui parle de pauvres gens, et, qui plus est, de pauvres gens nomades. C'est au demeurant ce qui fait, entre autres, l'échec de sa création en 1875 à l'Opéra Comique, à une époque où l'opéra est pensé par et pour les bourgeois. Pour cette raison, j'ai le sentiment que faire de Carmen un opéra rural et itinérant, c'est presque repenser les choses dans leur contexte.

Il ne sera pas question de ré-écrire l'histoire, mais bien de mettre en scène ces situations avec un regard féminin pour mieux les dénoncer. Notre époque est de fait marquée par un certain nombre de violences : violences faites aux femmes, violences policières, violences sociales, violences racistes, violences homophobes, violences migratoires. J'ai le sentiment que Carmen raconte tout cela. Dans l'opéra, il y a à la fois des ouvriers et des ouvrières (les cigaretières), des policiers pris dans une hiérarchie bureaucratique (les brigadiers, lieutenants), des nomades (les bohémiens et bohémiennes). Il y a, selon moi, une fable sociale moderne qui n'oublie personne. C'est cette fable que je veux raconter, sans l'actualiser et donc la tordre à tout prix, mais en trouvant ce qu'il y a en elle de plus intemporel à propos de la violence sociale et misogyne.

Jeanne Desoubeaux